Arboristes Mag - Numéro 22

Les trognes du chêne vert SPÉCIALE REDÉCOUVRIR LES TROGNES DE CHÊNE VERT EN CORSE UNE FORMATION AU CŒUR DU TERRITOIRE RURBRIQUE SPÉCIALE Une formation inédite s’est tenue récemment en Corse autour de la gestion et de la réhabilitation des trognes de chêne vert multiséculaires (certains arbres pourraient avoir plus de 800 ans), réunissant agriculteurs, jeunes en insertion, experts de l’arbre et partenaires locaux. Cette action, portée par l’association U SBIRRU, Institut Technique d’Agroforesterie Corse, engagée dans la valorisation du paysage agropastoral insulaire, s’inscrit dans une dynamique de transmission des savoir-faire liés aux arbres paysans. LES TROGNES : ATOUT AGROÉCOLOGIQUE ET PASTORAL MAJEUR Les trognes, arbres taillés régulièrement pour produire du bois, du fourrage ou des matériaux représentent aujourd’hui un levier essentiel pour l’agroécologie : • production de biomasse et de fourrage local, • refuge pour la biodiversité, • stockage de carbone, • structuration des paysages ruraux. FORMATION BÛCHERONNAGE & INITIATION À LA GRIMPE En parallèle des apports théoriques sur les trognes, une formation pratique de bûcheronnage a été menée avec un groupe de 10 stagiaires, incluant l’équipe de l’association ARSM de Corbara, une entreprise d’insertion corse pleinement impliquée dans ce parcours. La formation s’est déroulée en deux temps. 1. Un module en salle : réglementation, sécurité et bonnes pratiques Avant toute mise en situation sur le terrain, les participants ont bénéficié d’un temps de formation en salle, construit autour : • de supports projetés (vidéos, schémas, retours d’expérience), • d’un rappel complet des règles de sécurité, • des obligations réglementaires liées au bûcheronnage des bonnes pratiques professionnelles, • des procédures d’intervention en cas d’incident, • de la présentation des EPI (équipements de protection individuelle) et de leur usage. En Corse, leur intérêt est renforcé par le rôle du pastoralisme, indispensable pour limiter les risques d’incendies, particulièrement nombreux et intenses sur l’île. Des arbres gérés durablement et des troupeaux présents sur le territoire contribuent ensemble à réduire la biomasse combustible, renforçant la protection des milieux. Aujourd’hui, la quasi-totalité du fourrage destiné à l’alimentation des troupeaux, ovins, caprins, bovins vient du continent, avec des interrogations sur l’impact carbone de cette production, comme sur sa sécurisation. Les éleveurs se disent être fragiles par cette dépendance qui leur est très coûteuse. Crédit photo : L'Arbre en tête Crédit photo : L'Arbre en tête Crédit photo : L'Arbre en tête Crédit photo : L'Arbre en tête 46 47 Mag PR I NTEMPS 2026 22

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