Comment avez-vous découvert l’univers de la compétition ? L. D. : Durant mon CS, j’ai eu l’occasion de réaliser un stage avec Mathieu Décoret, un arboriste installé dans les Pyrénées Orientales. Nous avons travaillé dans le parc du château de Saverdun (Ariège), dans lequel il a réussi à organiser un championnat régional en 2017. J'ai eu l’occasion d'y assister et j’ai rencontré des jeunes femmes qui participaient en tant que bénévoles, notamment Tiphaine Denozière, Marion Surbicky et Lucie Sujobert. J’ai alors pu intégrer la « team fille » pour suivre les stages de préparation physique et mentale pilotés par Stéphane Rat et Benoit Bouton, arboristes et formateurs. Nous avons participé à des championnats régionaux, pour nous mettre dans l’ambiance des compétitions et nous familiariser avec les différentes épreuves de sélection. J’ai participé à mes premières compétitions en 2017 et chaque année depuis cette époque. Avec mes titres de championne de France, j’ai eu l’opportunité de me rendre à plusieurs championnats d’Europe et du monde. Il faut souligner la chance que nous avons de disposer d’une structure telle qu’Arboristes de France pour nous soutenir sur le plan financier, mental et organisationnel pour ces manifestations à l’étranger ! C’est une expérience très riche, même si la barrière de la langue est parfois un peu frustrante pour moi. Laura Didier À L’HONNEUR Quel est votre regard sur la place des femmes dans le métier et dans les championnats ? L. D. : Au cours de ma formation CS Arboriste Elagueur, j’ai pu essuyer quelques remarques sexistes mais j’ai aussi constaté des attitudes très prévenantes… Il faut avoir du caractère et ne pas se laisser faire ! Le milieu des arboristes est en grande majorité masculin, mais il se féminise et je constate une présence accrue de jeunes visiteuses ou bénévoles dans les rencontres d’arboriculture. Je vais vers elles pour échanger et les inciter à se lancer dans la compétition. LEGENDES 7 8 9 Master RNA 2024 Hellemmes Suivez-vous une préparation spécifique ? L. D. : Pour moi, le meilleur entrainement, c’est la pratique du métier ! Je surveille un peu mon alimentation et avec ma consoeur Emmanuelle Mottin, il nous arrive d’organiser quelques séances de préparation physique et de lancer de petit sac, une épreuve qui est un peu ma « bête noire » durant les compétitions. Comment voyez-vous l’avenir ? L. D. : Après une dizaine d’années de métier, je me rends compte que le corps s’use et qu’il faut apprendre à s’économiser pour durer… Je pratique une activité de Pole Dance qui permet de faire travailler les muscles et la souplesse en douceur et je suis suivie par un kinésithérapeute. J’envisage de développer l’activité formation et peut être un accueil pour des visiteurs de passage sur la ferme que je viens d’acquérir dans la Drôme. 7 Crédit photo : Pierre CUNY 8 Crédit photo : Pierre CUNY 9 Crédit photo : Pierre CUNY 13 H I VER 2026 21
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