Arboristes Mag - Numéro 19

La Guyane Française EXPÉDITION Malgré des conditions de travail difficiles, des températures élevées et une humidité constante, l'équipe a su maintenir une dynamique positive. Dans ces conditions, chaque étape, de l'installation des pièges à la collecte des données, nécessite un engagement total. Dans ce contexte, le soutien technique de Lionel Picart (Hévéa) a été déterminant pour l’équipement des arbres et la pose des caméras. LA STATION DE RECHERCHE DES NOURAGUES L'un des points centraux de l’expédition a été la station de recherche des Nouragues, un site de 9 000 hectares situé en plein cœur de la Réserve Naturelle des Nouragues, l’une des zones les plus protégées de la Guyane. Ce laboratoire de terrain, géré par le CNRS, est un lieu idéal pour observer la biodiversité unique de la forêt guyanaise et étudier son fonctionnement complexe. Grâce à ses infrastructures modernes et son accès privilégié à la canopée, elle permet aux chercheurs d'étudier la faune et la flore en toute sécurité tout en limitant leur impact écologique sur l’environnement. En plus de ce site, les pièges ont été installés sur la RN2 et la Montagne Tortue, deux autres zones d'étude en pleine forêt amazonienne. LA CANOPÉE, UN RÔLE CLÉ DANS LA RÉGÉNÉRATION DES FORÊTS TROPICALES Les animaux de la canopée jouent un rôle fondamental dans l’écosystème forestier, notamment par leur capacité à disperser les graines des plantes et des arbres. Ces derniers, en s'implantant sur de nouvelles zones, favorisent la régénération des forêts tropicales, garantissant leur survie et leur renouvellement. Le programme GUYACAM se concentre particulièrement sur ces espèces afin de mieux comprendre leur contribution à l'équilibre écologique de la Guyane. Parmi les espèces identifiées comme particulièrement importantes pour la dispersion des graines, on retrouve plusieurs primates (singes hurleurs, singes capucins ou sapajous, singe tamarins à mains jaunes ou titi et singes araignées ou ateles dans les zones les moins touchées), des carnivores comme le kinkajou et la tayra, des rongeurs (écureuils), des marsupiaux (opossums) ainsi que des oiseaux comme les toucans et les marails. À noter également la présence de porcs-épics préhensiles (coendou), qui sont davantage des prédateurs de graines. Photographies : ©Pierre-Michel FORGET & Eric Guilbert, CNRS/MNHN Kinkajou (Potos flavus) Toucan à bec rouge (Ramphastos tucanus) Singe araignée (Ateles paniscus) Pénélope marail (Penelope marail) Singe hurleur (Alouatta macconnelli) Coendou nain poilu (Sphiggurus melanurus) 44 Mag

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