Arboristes Mag - Numéro 19

La Guyane, véritable trésor de biodiversité, est l'un des derniers bastions de forêts tropicales intactes, abritant une faune et une flore parmi les plus diversifiées et mieux préservées au monde. Depuis 2019, Hévéa, en partenariat avec le CNRS/Muséum National d'Histoire Naturelle et l’INRAE, participe au programme scientifique GUYACAM. Ce programme vise à étudier en profondeur les animaux de la canopée et leur rôle clé dans la régénération de la forêt, notamment à travers la dispersion des graines. La Guyane Française EXPÉDITION Ce projet s'inscrit dans une dynamique plus large d'exploration de la canopée, initiée dès les années 2000, lorsque les premières plateformes suspendues et cordes d'accès ont permis d’atteindre les couches supérieures de la forêt tropicale pour observer une biodiversité encore largement inconnue. UNE ÉQUIPE DE SCIENTIFIQUES-GRIMPEURS AU SERVICE DE LA BIODIVERSITÉ Sous la direction de Pierre-Michel Forget et Eric Guilbert, chercheurs au CNRS/Muséum National d'Histoire Naturelle et Christophe Baltzinger de l'INRAE, cette mission ambitieuse réunit des experts spécialisés dans l'écologie des forêts tropicales. Ces scientifiques-grimpeurs, en collaboration avec Lionel Picart d’Hévéa et Jocelyn Cazal, arboriste-grimpeur en Guyane, ont mis en place une expédition de 10 jours dans la forêt guyanaise. Leur objectif ? Installer 60 pièges photographiques dont 30 pièges en canopée, soit un dans chacun des 10 arbres sur 3 sites d'étude différents (et autant au sol sous les arbres yayamadou) pour observer la faune en hauteur, dans la canopée, un écosystème essentiel à la dispersion des graines et à la régénération des forêts tropicales. SUR LE TERRAIN : DÉFIS LOGISTIQUES ET TECHNIQUES Pour accéder à la canopée, les grimpeurs ont utilisé un équipement standard de type SRT : un Lov, un Pantin, une pédale pour l’ascension et un Zigzag lors de la pose des rappels. L’une des principales difficultés rencontrées lors de l'installation des pièges est liée à la hauteur et à l’architecture des arbres. Même si la structure de la canopée permet une bonne accessibilité, le feuillage en mouvement peut provoquer des déclenchements intempestifs des caméras. Cela génère un grand nombre d’images qui surchargent les cartes mémoires et épuisent les batteries. Pour limiter ce phénomène, une adaptation des horaires de déclenchement des appareils est envisagée (tôt le matin et en soirée, lorsqu’il y a moins de vent). Les conditions météorologiques ont également constitué un véritable défi : en Guyane, il pleut souvent et les gouttes sont parfois grosses comme un doigt. Ces pluies peuvent entraîner des inondations ou rendre l'accès aux sites d'étude impossible. Inversement, la sécheresse peut aussi poser problème, notamment en empêchant la navigation sur les fleuves jusqu’aux zones d’étude. Crédit photo : Lionel Picart Crédit photo : Pierre-Michel Forget 43 É TÉ 2025 19

RkJQdWJsaXNoZXIy MTE2MzM=