POUR EN SAVOIR PLUS Société Française d'Arboriculture sfa.soc.fr.arboriculture sfa-asso.fr La rétention FOCUS TECH' ABAQUES Puisque quel que soit le système et la corde, le reste à charge sera toujours le même pour un poids donné, il doit être possible de faire des abaques, c’est à dire des tableaux qui donneraient le nombre de tours à faire pour un poids estimé. Je ne suis pas sûr de l’intérêt, parce que le monde des arbres étant bien fait, les démontages commencent souvent par des branches/charpentières relativement légères pour finir par des billons en rétention dynamique en fin de démontage. A ce moment du processus, l’homme de pied par empirisme peut sans doute prévoir le nombre de tours. Mais les abaques montrent des choses intéressantes : • Les choix les plus difficiles se situent sur les petites charges, jusqu’à 300 kilos • Pour certaines charges, il y a plusieurs nombres de tours possible. Par exemple, pour un billon de 700 kilos, 2,5 tours ou 3 tours feront l’affaire. • Au-delà d’une tonne et jusqu’à presque 2 tonnes, 3 tours seront suffisants. • 4 tours seront parfaits pour retenir un semi-remorque ou faire une blagounette à votre grimpeur. A LA RECHERCHE DU « MU » Il faut bien admettre que ces abaques sont très théoriques et pourraient être affinés. Dans tous ces calculs, j’ai considéré que le coefficient de friction (�) entre une corde en polyester et le métal d’un système de freinage était de 0,25. Ce chiffre vient de tableaux que l’on trouve dans les livres de physiques et sur internet. Téflon/Téflon donnera un � de 0,04, caoutchouc/asphalte sera de 0,85 ou velcro/velcro montera jusqu’à 6. Il serait intéressant de calculer précisément le coefficient de friction dans une opération de rétention en arboriculture et pour ce faire, il faudrait que � soit la seule inconnue de l’équation du cabestan. Une charge T2 connue (un billon de bois d’un poids donné), et un dynamomètre pour calculer le reste à charge T1. Les graphiques aident à se représenter les fonctions exponentielles. Ici, notre T2 est constant à 20 kg et l’on réalise que la prise en charge de T1 n’est pas linéaire. Alterner sens horaire et anti-horaire évitera à la corde de vriller. De même on pourrait calculer le � pour un cylindre en acier, un autre en aluminium, une corde en polyester ou en nylon et voir s’il y a des différences significatives. J’ai estimé qu’un reste à charge compris entre 7 et 30 kilos avec un optimum entre 10 et 16 était satisfaisant. Mais là aussi, la mise en pratique avec un dynamomètre pourrait nous aider à trouver le reste à charge ultime, ni trop léger, ni trop lourd. Bref, le seul moyen d’affiner un abaque universel pour la rétention serait de réaliser des expériences de terrain. On pourrait vérifier si le diamètre de la corde et le diamètre du cylindre ne changent vraiment rien à l’affaire, ou encore l’effet de la pluie ou de la boue sur les frottements. Cet abaque est uniquement théorique, mais il semblerait possible de faire un schéma universel qui permettrait d’informer sur le nombre de tours à réaliser en fonction du poids d’une branche ou d’un billon. TRÈS BIEN, MAIS COMMENT ÉVITER LES « VRILLES » DE CORDES EN RÉTENTION ? Cela n’a rien à voir avec le paragraphe du dessus, on n’est plus dans le rayon trucs et astuces. Après plusieurs rétentions, il arrive que la corde de rétention fasse des vrilles, qui se transforment en boucles et peuvent créer un accident ou des à-coups. Pour éviter ce phénomène, essayez de faire une rétention sur deux en sens horaire (et évidemment une rétention sur deux anti horaire). C’est possible sur tous les systèmes de freinage classiques (cabestans, cylindres, huit), cela implique juste que la position de l’homme de pied passe de la gauche du système à la droite pour un même nombre de tours. 40 Mag
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