Arboristes Mag - Numéro 7

C o-fondateur et actuel président de l’association A.R.B.R.E.S : Arbres Remarquables Bilan Re- cherches Etudes Sauvegarde, Georges Feterman est un amoureux des arbres remarquables et au delà, de la nature et des paysages. Il nous parle de sa rencontre avec ces êtres vénérables, les combats de l’as- sociation pour les défendre et améliorer le statut de tous les arbres. INTERVIEW Georges FETERMAN, président de l’association A.R.B.R.E.S À L’HONNEUR Comment est né votre intérêt pour les arbres remarquables ? G.F. : Passionné depuis toujours par la nature et les paysages, je suis devenu professeur de SVT (sciences de la vie et de la terre) en collège pour partager cette passion. C’est un peu le hasard qui m’a conduit vers l’univers des arbres remarquables. Au début des années 1990, je cherchais de nouvelles thématiques un peu insolites pour des cours « grand public » que je donnais à l’uni- versité ouverte de Paris 7. Ainsi, je me suis penché sur le sujet des arbres remarquables, alors peu médiatisés. Et on peut dire que dès lors, je suis tombé dans la marmite ! Quand l’association A.R.B.R.E.S a-t-elle été créée ? G.F. : A cette période, j’ai rencontré Robert Bourdu, professeur retraité de l’université d’Orsay et Yves-Marie Allain, ingénieur horticole et paysagiste, alors directeur du jardin des plantes de Paris et de l’arboretum national de Chèvreloup. C’est à Robert Bourdu que l’on doit la définition même des arbres remar- quables en France et le développement de l’engouement pour eux. L’association A.R.B.R.E.S est née en 1994 de cette rencontre et de l’envie de recenser les arbres remarquables pour retrouver nos racines, mieux les faire connaitre et les protéger. Nous imagi- nions en répertorier environ 200... Aujourd’hui, nous avons labellisé plus de 700 sujets, dont un cin- quième sont labellisés « ensemble arboré remarquable ». Depuis 2021, le secrétariat d’Etat à la biodiversité a accordé son soutien officiel à ce label, reconnaissant ainsi la contribution de l’associa- tion à la préservation de la biodiversité. Quel rôle joue la labellisation dans la protection des arbres remarquables ? G.F. : Même s’il ne s’agit pas d’un outil juridique opposable, la labellisation joue un rôle protecteur par différents biais : la fierté des propriétaires publics comme privés, le porter à connaissance via la manifestation organisée autour de la remise officielle du label, les actions qui en découlent. Ces dernières années, nous avons toutefois assisté à une situation contreproductive pour quelques cas, avec une surfréquentation des sites après la labelli- sation. Cela nous amène désormais à renforcer la sensibilisation sur les conditions indispensables à la préservation de ces arbres et de leur environnement dans le temps, notamment pour éviter la compaction des sols autour des sujets, âgés et souvent fragiles. Pouvez-nous en dire plus sur la Déclaration des droits de l’Arbre ? G.F. : La Déclaration des droits de l’Arbre a été présentée publi- quement le 4 avril 2019 dans une salle de l’Assemblée Nationale, grâce au soutien de la députée Delphine Batho et de nombreuses associations (SFA, Sequoia, GNSA.)... A ce jour, elle a été signée par une cinquantaine de villes et villages, un acte symbolique pour témoigner de leur engagement en faveur des arbres de leur territoire. Cette déclaration rappelle en préambule le statut d’êtres vivants des arbres et a pour vocation de changer le regard et le compor- tement de ceux qui ne les considèrent pas encore comme tels. Il s’agit aussi de faire prendre conscience du rôle déterminant des arbres, aujourd’hui et demain, tout particulièrement dans le contexte de changement climatique que nous vivons. Elle ouvre également la voie à une modification de la législation au niveau national pour mieux les protéger. Crédit photo : Georges FETERMAN Cèdre pleureur de l'arboretum de la Vallée aux loups, Chatenay-Malabry (92) 11 É TÉ 2022 7

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