Je me suis aussi assuré de faire un nœud coulant sur la corde au niveau de la poulie, afin de ne pas perdre tout le matériel et de ne pas devoir remonter avant d’avoir terminé ma tâche. Cela n’arrive généralement qu’aux nouveaux grimpeurs « novices », mais cela peut aussi arriver aux grimpeurs chevronnés. Cela n’arrive généralement qu’aux nouveaux grimpeurs « novices », mais cela peut aussi arriver aux grimpeurs chevronnés. Pendant que je grimpais dans le pin rouge, un autre de mes grimpeurs, Cody Leblanc, était dans la pruche saine en train d'installer l'autre système de rétention. Lui aussi grimpait avec un système SRT. Il a installé une autre poulie Hobbs de 5/8" et une corde de rétention Yale Cordage Double Esterlon de 5/8". Nos deux points d’ancrage pour les systèmes de rétention seraient fixés à la base des arbres à l’aide de Porta-Wraps et d’élingues de rétention en tresse creuse à boucle fixe Samson Tenex de 3/4". Une fois notre système de rétention initial mis en place, j'ai pu commencer à escalader la pruche morte. Dès le premier pas, mon crampon s'est enfoncé dans le tronc de l’arbre et cela ne semblait pas vouloir s'arrêter ! Quelle sensation désagréable ! C'était l'un des bois les plus pourris que j'aie jamais vus et qui tenait encore debout. Heureusement que j’avais la corde d’escalade de sécurité. J’ai également utilisé ma « longe détachable », qui est une corde Sterling Tri Tech de 2,4 mètres de long et de 11 mm de diamètre, avec une épissure à œillet cousue à une extrémité et aucun nœud de terminaison à l’autre extrémité. Le connecteur est un mousqueton à triple action ISC, et le dispositif de réglage est un bloqueur de corde basique US Rigging Supply avec un mousqueton Petzl OK Triact. Système de rétention composé d'une poulie Hobbs de 5/8 pouces, d'une élingue à boucle fixe Samson Tenex de 3/4 pouceset d'une corde de rétention Sterling Atlas de 5/8 pouces). J'ai testé cette configuration au sol et elle permet de se détacher rapidement de la longe au cas où un arbre céderait sous vos pieds pendant l'escalade. Maintenant, si l'on se réfère à la norme ANSI Z-133, je sais que certains diront que c'est une façon de grimper dangereuse, car il n'y a pas de dispositif d'arrêt à une extrémité de la longe, mais remettons les choses dans leur contexte. Qu'est-ce qui est préférable ? Descendre d'un arbre jusqu'au sol, ou utiliser une longe sans nœud d'arrêt (ce dont vous avez conscience et que vous surveillez pendant que vous grimpez) ? Il y a des exceptions à toutes les règles, et à mon avis, celle-ci en fait partie. Vous ne trouverez d'ailleurs aucun fabricant prêt à produire des longes détachables de sitôt, car les implications en matière de responsabilité sont tout simplement trop importantes. Chaque fois que je me hissais sur ma longe, l’arbre me semblait de plus en plus instable. Quiconque a grimpé sur de nombreux arbres complètement morts et très dangereux développe une sorte de « sixième sens » qui lui permet de savoir quand il s’approche d’un danger imminent, mais je voulais atteindre le point où l’arbre s’était déraciné et avait atterri sur le bouleau blanc. Lorsque j’ai enfin atteint ce point (à environ douze mètres) où les deux arbres se touchaient, j’ai pu installer le reste du système de rétention. J’ai mis en place une sangle d’arrimage d’une capacité de 10 000 livres (4 500 kg) autour du bouleau et de la pruche pour maintenir les deux troncs ensemble. Cela me permettrait ensuite d'abattre les deux arbres ensemble depuis le sol. Crédit photo : Chris Girard Crédit photo : Chris Girard Dans notre cas, comme je devais d'abord abattre le bouleau blanc avant de couper la pruche morte, j'ai pensé que je pourrais soutenir les deux arbres en même temps, puis les couper, les faire pivoter et les abaisser à côté du champ d'épuration sans aucun impact. Il n'était pas nécessaire de soulever les arbres, comme je l'avais envisagé au départ. Je disposais d’un beau pin rouge (Pinus resinosa) solide, situé légèrement en arrière et à droite, ainsi que d’une pruche saine, légèrement en arrière et à gauche de nos arbres à abattre. Ces arbres étaient suffisamment grands pour que je puisse les utiliser comme mâts de charge afin de soutenir la pruche morte et le bouleau. Comme Don le mentionne dans l’article sur le démontage du caryer, j’envisageais moi aussi d’utiliser les mâts de charge comme des derricks pour le chargement et le déchargement de navires de fret, ou comme des flèches de grue. Ils étaient également suffisamment grands pour que je n’aie pas à ajouter de galhaubans (étais) pour les soutenir, car j’estimais que les moments de flexion et les vecteurs ne seraient pas excessifs. Pour ceux qui ne connaissent pas les notions de physique élémentaires telles que les moments de flexion et les vecteurs, je vous recommande vivement de vous former avant de vous lancer dans des applications techniques de démontage d'arbres. Pour commencer, je vous conseille un excellent article sur les vecteurs rédigé par mon ami et collègue Tony Tresselt – CTSP, publié dans le numéro de juillet 2024 du TCI Magazine. La première chose que j’ai faite en arrivant sur le chantier a été de passer en revue le plan de travail et le plan AST (analyse de la sécurité des tâches) avec mes deux collègues. Je ne saurais trop insister sur l’importance de ces deux éléments pour mener à bien une opération de démontage technique en toute sécurité, ou n’importe quelle autre tâche d’ailleurs. Sans compter qu’en cas d’accident ou de décès, vous aurez beaucoup d’explications à fournir aux familles, aux compagnies d’assurance ainsi qu’à l’OSHA (Administration américaine de la sécurité et de la santé au travail, correspondant à l'Agence européenne pour la sécurité et la santé au travail). Ensuite, j’ai commencé à grimper dans le pin rouge pour installer une corde de sécurité ainsi qu’une corde de rétention et une poulie. Comme je l’ai déjà dit, il était hors de question que je grimpe dans cet arbre sans avoir un autre point d’ancrage, et je ne voulais pas compter uniquement sur la pruche. Comme je savais qu'il me faudrait remonter par la suite pour retirer le matériel d’élingage du pin rouge, j'ai décidé d'utiliser la technique du SRT (Stationary Rope Technique) plutôt que la technique du MRT (Moving Rope Technique) pour faciliter la remontée, avant de passer à un dispositif anti-friction et à la technique du MRS pour ma descente finale. Certaines personnes, ainsi que la norme ANSI Z-133, appellent ces méthodes d'escalade SRS (système de corde fixe) et MRS (système de corde mobile). Je pense que nous aurions dû conserver le SRT d'origine, en changeant simplement le « S » de « Stationary » (fixe) pour celui de « Single » (simple), ce qui aurait évité bien des maux de tête à tout le monde. Corde de sécurité et dispositif d'ancrage installé dans un pin rouge adjacent. Dans des pays comme la Nouvelle-Zélande, c’est ainsi qu’ils ont procédé et cela fonctionne très bien. [NDLR : cela permettrait également d'éviter la confusion actuelle liée au fait que les systèmes DdRT (MRS) sont appelés DRT (SRS)]. Vous remarquerez sur la photo que mon nœud de terminaison au point d’encordement (Tie-In-Point) est un nœud de chaise coulant à clé Yosemite. Le diamètre du tronc est suffisamment important pour que je puisse aussi utiliser, dans la configuration appropriée, un mousqueton bloqué en toute sécurité, sans me préoccuper du danger. La poulie de rétention que j’ai choisi d’utiliser est une poulie de descente Hobbs de 5/8" avec une charge maximale d’utilisation (CMU) de 4 000 livres (1 814 kg). Ce sont les poulies de rétention/d’impact d’origine pour arboristes et, à mon avis, elles comptent toujours parmi les meilleures du marché. Je dois toutefois avouer que j’apprécie les poulies Omni-block de Rock Exotica avec leurs émerillons. Celles-ci s’avèrent parfois très pratiques lorsqu’il est difficile de maintenir un angle de vecteur de guidage dans vos cordes de rétention (en termes de démontage, « de guidage » signifie qu’une corde passe à travers une poulie ou change de direction sans s’accrocher ni s’emmêler). Cependant, le mousqueton limite considérablement la charge d'impact par rapport à la poulie Hobbs ou à n'importe quelle poulie à œil classique. Ensuite, j’ai installé une corde de rétention Sterling Atlas de 5/8”, puis j’ai passé une longueur de corde enroulée par-dessus la pruche morte. Crédit photo : Chris Girard 50 51 Mag É TÉ 2026 23
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